Parole d'entreprise : Bernard Boulay, Menuisier Ebeniste d'art Facteur d'orgue

"Avec la création de mon entreprise, je retrouve le champ de la liberté de créer, d'inventer des formes. On prend le temps de faire, de réaliser, on va de la décision à la vente, il y a le contact avec les clients."

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2007-2008
Début de la réflexion sur le projet de création d'entreprise
Mai 2008
Sollicitation de l'appui du réseau Atelier de la création
Aout 2008
Attribution d'un appui financier Bourse Désir d'Entreprendre
Octobre 2008
Début d'activité de l'entreprise

Franchir le pas : Pourquoi vous êtes vous lancé dans la création d’entreprise

 

BB : j'ai créé dans un souci d'indépendance, c'est le seul cadre où l'on puisse concevoir un objet entier. Avec la création de cette nouvelle entreprise, je retrouve tout le champ de liberté de créer, d'inventer des formes. On prend le temps de faire, de réaliser, on va de la décision à la vente, il y a le contact avec le client. Lorsqu'on est salarié en atelier, nous sommes cantonnés à des taches particulières et on n'a donc pas la création d'un objet complet.


Au cœur du projet : il y le bois et la musique. Pourquoi cette spécificité de votre métier ?

BB : Pour la musique, c’est un peu inexplicable, c’est une attirance depuis l’enfance qui est toujours là. Réaliser un instrument de musique, a été un rêve d’enfant ; je me rappelle, plus jeune, avec d’autres gamins et le menuisier du village, nous allions ouvrir l’harmonium de Bris, ça nous fascinait de découvrir comment c’était fait à l’intérieur, voir les mécanismes, le sentiment d’entrevoir des choses un peu secrètes. Puis, quand j’ai accédé au travail dans ce métier là, il a eu la découverte de ce qu’est le bois et l’univers des matières : le métal, les peaux…  et la multitude de techniques autour de ces matières. C’est réellement exaltant. Dans mon projet d’artisan, il y a également l’objectif de meuble qui mélange l’informatique avec le bois : le meuble n’a alors pas qu’une simple fonction de rangement, il y abrite  un mécanisme, une âme à l’intérieur, comme l’instrument de musique.


Parcours de création : Qu’est ce que vous ont apportés les appuis techniques et financiers ?

BB : L’aide financière a été capitale, elle m’a permis de réaliser les divers travaux dans l’atelier.En revanche, le problème de cette aide, est qu’il faut être installé pour bénéficier de son versement : ça été compliqué parce que je me suis trouvé dans la situation de commencer plus tardivement les travaux, dès lors que j’ai été installé, puis d’avoir à faire face à des commandes qu’il fallait déjà réaliser avant d’avoir un atelier fonctionnel. Il faudrait pouvoir ouvrir le champ de cette aide pour bénéficier de son versement en amont de la création dans ce type de situation.
Sinon, concernant les autres formes d’aide à mon projet d’activité, il y a les formations.
Actuellement je suis en formation « Design » pour continuer mon travail sur la création de mes meubles informatiques. C’est une opportunité de rencontrer de nombreux artisans d’art.
La Chambre de Métiers, à l’initiative de la mise en place de cette formation, joue un grand rôle dans le développement de formes de travail collectif entre artisans : on montre son travail aux autres, on prend davantage conscience qu’on ne peut pas passer 100% de son temps sur la création : il y du temps à prévoir sur la conception, la communication...

Expérience : Que conseilleriez-vous à un candidat à la création d’entreprise ?

BB : Y aller contre vents et marées. Ne jamais laisser l’once d’un doute dans le projet ; s’il y a un doute c’est qu’il y a un problème. Une fois installé, il faut continuer d’y croire, on ne peut pas avancer si l’on a une appréhension.
Et être patient ; rien n’arrive d’un seul coût, il n’y a pas de décollage vertical, il faut lancer la machine

Eco-responsabilité : Qu’avez-vous mis en place en ce sens ?

BB : Je me suis installé dans un grange ancienne que j’ai restauré ; j’ai fait le choix d’un chape à la chaux et donc de ne pas utiliser de ciment. J’aurais fait une isolation en chanvre si le montant de Bourse avait été le triple !
J’ai installé un poêle à copeaux dans l’atelier, les déchets bois ne sont ainsi pas perdus
Je récupère l’eau de pluie dans une citerne.
Je travaille des bois locaux ça ne m’intéresse pas du tout de travailler avec des bois qui traversent l’océan comme le teck. Je souhaiterai par mon activité, inciter à entretenir localement les bois. Par exemple, on ne trouve pas de bois d’acacia alors qu’il pousse très bien ici.

Où vous trouver : Adresse postale et Internet ?

BB : Mon atelier est situé dans le bourg, à Brie sous Chalais (à 5 mn de Chalais)
Tél. : 05.45.98.45.05   et courriel : bernard-boulay@orange.fr
J’ai un projet de site Internet ; en attendant sa mise en ligne vous pouvez trouvez de nombreuses information sur le site des Métiers d’art, qui nous accompagne dans la promotion de nos métiers et créations. www.metiers-art.com

Propos recueillis par Séverine Groulet - Animatrice de l'Atelier de la Création



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